Nous avons profité de l’anniversaire de naissance de Bouddha, jour férié ici, pour faire un petit voyage à Pokhara en fin de semaine dernière. Pokhara est la deuxième destination touristique du pays, sorte de station balnéaire aux abords d’un grand lac d’où partent les populaires expéditions de trekking dans les Annapurnas.
Je n’ai pas grand-chose à signaler, sinon que nous avons beaucoup paressé sur les nombreuses terrasses et dans les nombreux jardins du quartier touristique de la ville. Notre façon à nous, j’imagine, d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui suspectent que la vie d’expatrié n’a pas beaucoup changée dans la région depuis la fin du Raj Britannique…
Le premier soir nous a tout de même donné quelques sensations fortes sous forme d’avant-première de la mousson qui est maintenant à nos portes. Après avoir attendu pendant près d’une heure dans un bar en espérant que la violente tempête qui s’était déclenchée à l’extérieur se calme, nous nous sommes finalement résolu à affronter la pluie. Un petit groupe a pris les devants (et le parapluie) pour négocier un taxi. Le rapport de force a dû être plutôt faible, ceci dit, tant il était évident que nous n’avions pas d’autres alternatives…
Après quelques minutes d’attente, confiant que la transaction était maintenant bouclée, je me suis élancé à mon tour en courant : je n’avais pas fait quatre pas que, déjà, j’avais mis le pied dans deux flaques d’eau m’arrivant au mollet. Jamais, et nous avons pourtant de sacrés orages électriques au Canada, jamais je n’avais vu autant d’eau tomber à la fois. Quatre pas de plus et j’entrais dans la petite Suzuki blanche, trempé de bord en bord.
Le taxi démarra rapidement, avant de s’immobiliser presqu’aussi brusquement; la pluie obstruant complètement la vision du chauffeur, celui-ci venait de s’embourber en roulant sur une tige de métal qui était maintenant coincée entre une roue avant et le capot. Comme j’étais déjà tout mouillé, je me suis offert pour ressortir et aider à nous déprendre, ce qui fut fait assez rapidement.
Le taxi nous déposa enfin devant notre hôtel. O horreur! La grille extérieure était fermée : nous étions embarrés dehors, en pleine nuit, sous une pluie torrentielle. Il pleuvait tellement, en fait, que je n’ai pas pris beaucoup de temps pour réfléchir : je me suis mis à grimper la grille, rendue glissante par l’eau, de façon à pouvoir sauter de l’autre côté. J’y parvins sans trop de mal, puis me mis à cogner sur les portes qui de jour menaient à l’accueil en espérant que les propriétaires ou un concierge passent la nuit à l’hôtel. En attendant une réaction, je revins vers la grille pour jouer avec la poigné et voir s’il n’y avait pas moyen de la débarrer. O surprise! Le loquet était fermé, mais n’était pas verrouillé; j’ouvris la porte à mes compatriotes au même moment où la femme du propriétaire, à moitié endormie, ouvrait la sienne…
Une fois arrivé dans notre salle de bain, j’ai tordu mon linge, mes boxeurs inclus, comme s’il venait de sortir de la machine à laver. Ah, vraiment, quel plaisir nous aurons quand la saison des pluies sera officiellement commencée!