Après quelques semaines d’analyse, je pourrais grosso modo diviser mon plan de travail pour l’année en trois étape : le rattrapage, la mise en place de nouveaux outils et, si le temps le permet, un peu de « développement des affaires ».
Par rattrapage, j’entends que la situation actuelle des ONGs pour lesquelles je travaille ressemble à celle de beaucoup d’organismes avec peu de ressources au Canada : leur site web n’a pas été mis à jour depuis des lunes, le rapport annuel de l’an dernier (et , dans un cas, de l’année d’avant!) n’a pas encore été publié, etc. Ma première tâche sera donc de mettre la main à la pâte pour remettre le matériel existant à jour.
Puis je développerai des outils qui ont été demandé par les organismes lorsqu’ils ont fait leur demande à Uniterra, plus précisément deux « newsletters », une sous-section d’un site web et un centre de ressource virtuel.
Enfin, je tenterai d’aider les organismes en y allant de quelques projets de mon cru : la création d’un système de surveillance média, l’installation d’un intranet/wiki, la mise en marché d’un centre d’expertise susceptible de générer des revenus, la rédaction du stratégie de relations avec les médias, le lancement d’une campagne de financement auprès de grands donneurs internationaux, etc.
Bref, ce n’est pas les projets, mais plutôt le temps, qui va me manquer… Je vous laisse en présentant brièvement les trois organismes pour lesquels je travaille :
Federation of Community Forestry Users (FECOFUN)
Depuis le début des années 1990, le Népal a remis aux communautés locales la gestion de près de 20% des forêts du pays, territoires qui appartenaient auparavant à la couronne. Ces forêts sont maintenant gérés par ce qui ressemble à des coopératives (appelés Community Forest User Groups ou CFUGs) dont les membres sont les habitants des terres avoisinantes. Les décisions quand à l’exploitation sont donc prises par un exécutif élu localement et les revenus générés redistribués au sein de la communauté. FECOFUN fédère presque toutes les CFUGs du pays, ce qui en fait l’ONGs la plus importante (et une des plus puissantes politiquement) du Népal.
Asian Network for Sustainable Agriculture and Bioresources
Créé il y a une vingtaine d’année par une fondation américaine et le gouvernement népalais, ANSAB apporte du soutien technique et scientifique aux CFUGs et aux communautés avoisinantes. La plupart de ses employés sont des experts en foresterie ou en administration des affaires, plusieurs formés à l’étranger. L’approche d’ANSAB est particulièrement intéressante : elle vise le développement de micro-entreprises par et pour les plus pauvres d’entre les plus pauvres. Pour ce faire, l’organisme doit travailler à tous les niveaux de la chaine de valeur – du petit village à deux jours de marche de la plus proche route praticable en jeep jusqu’à l’exportateur international en passant par l’entreprise locale de transformation. Je reviens d’une visite d’une semaine sur le terrain, alors j’aurai l’occasion de revenir en détail sur ce que tout cela signifie dans mon prochain billet.
Integrated Development Society (IDS)
IDS est une organisation plus petite et moins spécialisée qu’ANSAB, qui partage toutefois avec cette dernière une approche d’accompagnement des communautés locales reculées. Le champs d’action est ici plus large et s’étend à l’accès à de l’eau potable, à une meilleure sanitation (entre autres grâce à la construction de latrines) et à la création de micro-entreprises basés sur les ressources disponibles localement.
Je travaille plus précisément avec une sous composante d’IDS, leur nouveau Centre de Ressources sur les bio-briquettes. Les bio-briquettes sont fabriqués à l’aide de plantes mortes ou indésirables (notamment une plante étrangère introduites dans l’écosystème népalais il y a quelques décennies et qui est tellement envahissante qu’elle menaçait d’étouffer les forêts) et servent d’alternatives plus écologiques au kérosène et au charbon de bois. Elles peuvent être produites et consommées localement, brûlent plus uniformément et plus longtemps que le feu de bois (meilleur pour la cuisson) et ne produisent à peu près pas de fumée (meilleure pour la santé – les maisons népalaises n’ont pas de cheminées!).