Après près de deux mois de chroniques culturelles/touristiques, je me suis dis qu’il était temps d’expliquer un peu ce que je suis venu faire ici.
Le comment d’abord. Je fais partie de la deuxième mouture (cycles de 5 ans) d’un programme de coopérant volontaire appelé Uniterra,financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et coadministré par le Centre d’étude et de coopération international (CECI, plus connu du côté francophone) et World University Sercive of Canada (WUSC, plus connu du côté anglophone). Ensemble, ces deux organismes ont des bureaux dans une vingtaine de pays.
Au Népal, c’est le CECI qui est implanté depuis plus de 20 ans et qui gère les volontaires. Fondé par un ancien employé d’Hydro-Québec venu développer le potentiel hydro-électrique du pays, le bureau du CECI a évolué au fil du temps vers de nouvelles priorités, présentement le développement du secteur privé dans les secteurs forestiers et agro-alimentaire.
Dans la structure du CECI, seul les coordonnateurs régionaux (Asie, dans mon cas) sont des citoyens canadiens; tous les autres employés sont recrutés localement. Dans la pratique, il semble que les postes de plus hautes responsabilités soient souvent attribués à des nationaux ayant travaillés ou complétés des études en occident, ce qui, à bien y penser est sans doute un bon curriculum pour faire le pont entre le Canada et le pays bénéficiaire.
Le CECI-Népal a déjà eu beaucoup plus d’employés du temps ou le pays était prioritaire pour le Canada, une situation qui a changé avec l’adoption d’une nouvelle politique étrangère sous le bref règne de Paul Martin et qui a récemment été confirmée par le présent gouvernement). Il en reste aujourd’hui une vingtaine, incluant des analystes politiques/chargés de programme et des administrateurs, bien sûr, mais aussi (bienvenue dans un pays en développement) un chauffeur, un jardinier, une femme de ménage et deux gardiens de sécurité…
Bien que la majorité des volontaires d’Uniterra doivent être citoyens canadiens, une des particularités intéressantes du programme est qu’il ouvre la porte à des volontaires locaux ou en provenance d’autres pays en développement (collaboration sud-sud, selon le jargon). Ainsi, un rwandais qui aurait coordonné avec succès la mise ne place d’un programme d’amélioration de la qualité du lait pourrait par exemple être soutenu par le programme pour venir mettre en œuvre un programme similaire ici au Népal.
Le processus de sélection des volontaires est assez simple. Les bureaux locaux (CECI-Népal dans mon cas) entretiennent des liens avec une vingtaine d’ONGs locales qui œuvrent dans les domaines prioritaires identifiées par cycle de cinq ans. À chaque année, ces bureaux sondent leurs partenaires pour connaitre leurs besoins en terme d’expertise et rédigent conjointement les termes de références (l’offre d’emploi en quelque sorte). Les sièges sociaux du CECI et de WUSC s’occupent ensuite de diffuser l’offre d’emploi sur Internet et dans leur différents réseaux au Canada, de faire les entrevues et de vérifier les références. Ils montent un dossier sur chaque candidat, dossier qui est retourné aux bureaux et partenaires locaux pour la sélection finale.
C’est donc comme cela que j’ai atterris au Népal. À ma grande surprise, les « communicateurs » sont en effet très en demande au sein des ONGs locales. Comme m’expliquait la coordonatrice des volontaires au CECI-Népal, ces organismes font souvent un travail extraordinaire sur le terrain, mais ils ont de la difficulté à communiquer leurs réussites à de vastes auditoires, spécialement en anglais auprès des donneurs internationaux. C’est en bonne partie ce à quoi je vais travailler cette année; plus de détails là-dessus dans le prochain billet.