Mes trois grèves népalaises préférées :
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Je constate de plus en plus une tendance sociale qui m’avait échappée jusqu’ici : le nombre grandissant de femmes népalaises professionnelles qui décident de faire leur vie seules. C’est probablement un phénomène limité à Katmandou, bien sûr, mais depuis que j’ai arrêté de prendre pour acquis que toutes les femmes dans la trentaine ou la quarantaine que je rencontre ont été mariées par leur famille il y a belle lurette et habitent maintenant chez leurs beaux-parents, je me rends compte que c’est un phénomène tout de même assez fréquent. Est-ce parce que l’homosexualité n’est pas encore acceptée? Ou, plus probablement, parce que ces femmes savent bien que si elles se marient ce sera un combat de tous les instants contre leur mari/belle famille pour pouvoir continuer de mener leur carrière/vie comme elles l’entendent?
Une découverte corolaire : il n’y a pas de processus d’adoption nationale au Népal! Malgré tous les scandales impliquant l’adoption internationale (enfants « vendus » à des « orphelinats », que ce soit par un kidnappeur ou un parent, trafic d’esclaves sexuels, etc.), il n’est pas possible pour un népalais en moyen d’adopter au pays – processus pourtant préféré à travers le monde parce qu’il permet aux enfants de rester dans leur famille élargie ou à tout le moins dans leur culture en évitant la monétisation qui cause tant de problèmes.
Ainsi, quand une de ces femmes célibataires de ma connaissance a voulu adopter quatre orphelins de la guerre civile, elle a due se contenter de devenir foyer d’accueil. Pire – pour que l’état accepte de lui confier la garde, il a fallu que son père – alors âgé de 75 ans – soit celui qui signe les papiers officiels. Le gouvernement népalais, institution conservatrice s’il en est une, préférais un vieil homme au seuil de la mort à une jeune femme célibataire! À cause de cette situation inédite, la célibataire n’a droit à aucune déduction fiscale ou service gouvernemental, et pourrait théoriquement perdre la garde des enfants à tout moment d’ici à ce qu’ils aient tous 18 ans…
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Après le commerce équitable, l’éco-tourisme, la micro-finance, les « engagements publics de zones sans défécation ouverte » et tous les autres concepts de développement international plus ou moins surprenant qu’il m’a été donné de côtoyer ici, je viens d’en découvrir un autre qui s’apparente de façon étrange/cocasse à l’ancienne émission de télévision Donnez au suivant de Chantal « la table bouge pour vrai » Lacroix. En deux mots, il s’agit de former des groupes de femmes/pauvres/intouchables et de leur faire un « cadeau » (vaches laitières, chèvres, variété de grains résistant aux inondations, etc.), à condition qu’ils s’engagent à terme (quand la vache aura son premier veau, après la première récolte, etc.) à redonner à un autre groupe. Le tout vient accompagné d’une formation permettant de faire un usage maximum du cadeau. On s’attend bien sûr à un effet multiplicateur; sur papier, il n’y a pas plus « développement durable » que cela.
J’entends votre cynisme jusqu’ici, mais il paraît que cela marche dans plusieurs cas. Le principal problème? La compétition du micro-crédit. Quand un groupe a à la fois reçu un micro-prêt qu’il doit rembourser et dont les intérêts s’accumulent et un « cadeau » qu’il est censé redonner, il semble que plusieurs font le choix de vendre le second pour rembourser le premier…